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Sauvegarde & continuité

PCA vs PRA : ce qui différencie continuité et reprise d'activité

Deux plans complémentaires mais distincts. Comment les articuler pour que votre entreprise encaisse un incident majeur sans interruption prolongée.

Équipe OpenCloudExperts cybersécurité · Dakar 4 min de lecture

Coupure d'électricité prolongée, panne de la baie de stockage, incendie dans la salle serveur, rançongiciel : face à un incident majeur, certaines entreprises continuent de servir leurs clients pendant que d'autres restent à l'arrêt plusieurs jours. La différence ne tient pas à la chance. Elle tient à deux documents souvent confondus : le PCA et le PRA.

Deux plans, deux objectifs

Le Plan de Continuité d'Activité (PCA) vise à maintenir les activités essentielles pendant la crise, éventuellement en mode dégradé. Le Plan de Reprise d'Activité (PRA) vise à rétablir le système d'information après une interruption, dans des délais définis à l'avance.

Autrement dit : le PCA cherche à éviter l'arrêt, le PRA organise le redémarrage quand l'arrêt n'a pas pu être évité.

PCA — ContinuitéPRA — Reprise
ObjectifNe pas interrompre les activités critiquesRedémarrer après une interruption
PérimètreToute l'organisation : métiers, locaux, personnes, fournisseurs, ITPrincipalement le système d'information
MomentPendant la criseAprès la crise
Exemples de mesuresRéplication vers un site secondaire, télétravail, procédures manuelles de secoursRestauration des sauvegardes, reconstruction des serveurs, bascule vers un datacenter de secours
Indicateur cléInterruption proche de zéro pour les activités vitalesRTO et RPO respectés

Tout commence par le bilan d'impact

Avant d'acheter une solution, il faut savoir ce que l'on protège. Le bilan d'impact sur l'activité (BIA) consiste à interroger chaque métier : quelles sont vos activités vitales ? Combien de temps pouvez-vous fonctionner sans tel outil ? Quelles données ne pouvez-vous pas perdre ?

De ce bilan découlent deux chiffres pour chaque application :

RTODurée maximale d'interruption acceptable
RPOPerte de données maximale acceptable
CoûtCoût estimé d'une heure d'arrêt, qui justifie l'investissement

Plus le RTO et le RPO sont courts, plus la solution est coûteuse. Tout l'enjeu est de réserver les dispositifs les plus exigeants aux applications qui le justifient vraiment.

Choisir le bon niveau de protection

  1. Sauvegarde et restauration

    RTO de plusieurs heures à quelques jours. Adapté aux applications peu critiques. C'est le socle indispensable de tout PRA.

  2. Réplication asynchrone vers un site de secours

    RTO de quelques minutes à quelques heures, RPO de quelques minutes. Les machines virtuelles critiques sont répliquées en continu et peuvent être démarrées sur le site secondaire.

  3. Haute disponibilité active-active

    RTO et RPO proches de zéro. Réservée aux activités qui ne tolèrent aucune interruption : paiement, production industrielle, services en ligne critiques.

Les plateformes hyperconvergées comme Nutanix, associées à une solution de sauvegarde et de réplication comme Veeam, permettent de combiner ces niveaux sur une même infrastructure, application par application.

Ce que doit contenir un bon plan

  • Les scénarios couverts : perte de site, panne d'infrastructure, cyberattaque, indisponibilité d'un fournisseur clé.
  • La cellule de crise : qui décide, qui communique, qui exécute — avec des suppléants.
  • Les procédures pas à pas de bascule et de retour à la normale.
  • La liste des contacts internes, fournisseurs et autorités, disponible hors ligne.
  • Le plan de communication vers les clients, les partenaires et les collaborateurs.

Un plan non testé est un plan qui échouera

Nous le constatons à chaque audit : les plans rédigés mais jamais éprouvés contiennent presque toujours des surprises — un serveur oublié, une dépendance DNS non documentée, un mot de passe que seule une personne en congé connaît.

Type de testFréquence conseillée
Relecture du plan et des contactsTous les 6 mois, et après chaque changement majeur
Exercice sur table avec la cellule de criseUne fois par an
Restauration ou bascule d'une application critiqueAu moins une fois par an, idéalement par trimestre
Test de bascule complète du siteUne fois par an pour les organisations les plus exposées

En résumé

  • Le PCA maintient l'activité pendant la crise ; le PRA rétablit le SI après.
  • Le bilan d'impact fixe les RTO et RPO de chaque application.
  • Adaptez le niveau de protection à la criticité réelle, pas à l'intuition.
  • Prévoyez le scénario rançongiciel et testez le plan chaque année.
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Équipe OpenCloud

Intégrateur cybersécurité et infrastructures IT à Dakar, partenaire ManageEngine, Palo Alto Networks, Cloudflare et Veeam. Nos articles s'appuient sur ce que nous observons chaque jour sur le terrain, chez nos clients publics et privés.